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| RUBRIQUE: HUMEUR DU JOUR |
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| Du temps qui passe et des brioches |
Oui, bah, comme tout le monde un jour ou l'autre. La vie réelle prend le pas sur la vie-rtuelle.
J'ai dépassé le stade des prélistes, listes, et post it. Je ne note plus rien. J'essaie de me souvenir de tout. Et j'oublie les trois quarts des trucs. C'est ainsi que j'ai perdu - que dis-je, égaré - mes manteaux d'hiver soigneusement rangés et empilés dans un carton, lui-même soigneusement rangé quelque part. Dans un coin bien précis, à l'abri de la poussière, et des regards. Un coin tellement précis que je ne sais plus du tout où. J'aurais dû repérer l'endroit au GPS, ce qui m'aurait peut être permis d'échapper à la pneumonie que je vais bientôt attraper si je ne le retrouve pas;
J'ai dépassé aussi le stage des graisses partiellement ou totalement hydrogénées. Cette fois, c'est décidé. Je refuse de faire manger ça à ma descendance. J'ai donc pris la décision de faire une brioche chaque week-end comme une vraie mère, pour donner à mes enfants des choses à manger, que on sait au moins ce qu'on a mis à l'intérieur.
Mes grands-parents ayant été patissiers, j'ai été sensibilisée dès ma plus tendre enfance à la brioche. La brioche, c'est de l'air, allié à du mystère. Il faut que ça gonfle, c'est une nécessité absolue. Sinon, on a l'impression de manger une brique. Longtemps, ma mère et moi, on s'est appliquées à essayer de faire des brioches qui gonflaient. On a réussi très rarement. Et, il y a quinze jours, l'air et le mystère sont devenus mes amis. J'ai réussi à faire une brioche qui gonfle. Une brioche qui dépasse du moule, comme du temps de ma grand-mère.
En fait, c'est très simple. D'abord il faut mettre dans le saladier, tous les ingrédients indiqués dans la recette, dans le bon ordre, et en respectant scrupuleusement les doses (sauf pour le sucre, vu qu'on vient de devenir raisonnable au niveau alimentaire), et aussi, à la température indiquée. Si le manuel dit "faites fondre la levure dans un demi verre de lait tiède", et ben, on fait fondre la levure dans un demi-verre de lait tiède. Puis, et c'est une des clefs, on pétri, on pétri... on pétri longtemps, jusqu'à ce que ça sente déjà un peu la brioche. Puis, et c'est une autre clef, on laisse la pate monter, on plutôt, on l'oublie, la pâte. On pose le moule sur le radiateur avec un torchon par dessus, et on oublie, complètement la pate. Si tu l'oublies pas, la pate, elle te le fait payer : elle monte pas ! Et, plusieurs heures plus tard, on a presque vécu une journée, en oubliant la pâte sur son radiateur. On passe à côté, et qu'est ce qu'on voit ? La pâte a monté ! Elle est presque sortie du moule. Là, c'est le comble du bonheur, on téléphone à sa mère pour lui annoncer la nouvelle ! (on peut pas téléphoner à sa grand-mère vu qu'elle est morte depuis quinze ans).
La dernière clef : on bichonne et on surveille sa pâte dans le four. Voire, on lui met un petit édredon d'alu pour pas qu'elle crame.
Et quarante minutes plus tard (se conformer au manuel), on a une brioche. Voilà, voilà. |
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